18 février 2010

LA VIE COMME ELLE VA par Gérard BIANKI PPGI13 Février 2010

Quand j'avais vingt-cinq ans d'âge, je voulais faire un peu du commerce et, voilà, j'en ai parlé à certains amis qui voyageaient déjà entre deux pays, pour acheter les marchandises en République Démocratique du Congo et aller les vendre en République Populaire d'Angola.

Je vous assure que ce n'était pas facile d'effectuer ce genre de commerce parce que la République Populaire d'Angola était un pays en pleine guerre.

La République Populaire d'Angola est un beau pays de colonie portugaise, bien construit, à peu près comme l'Afrique du Sud, mais ils l'ont pas mal cassé par les guerres entre Angolais, surtout dans les années quatre-vingt.

On y trouve du pétrole, beaucoup de diamants dans des zones minières, et de l'or.

C'est un pays extrêmement riche mais mal géré comme dans tous les pays africains.

Avec nos marchandises, une fois à la frontière, tout se compliquait car les agents de l'ordre du côté de la République Populaire d'Angola ne nous faisaient pas de cadeaux, nous fouillaient sérieusement et ne laissaient rien.

Ils étaient surtout à la recherche d'armes et d'autres choses explosives. Après on s'embarquait dans des grands camions de commerçants avec nos marchandises à destination de Luanda la capitale qui était à environ quatre cents kilomètres.


Il y avait des barrages partout qui nous faisaient souvent perdre du temps mais personne ne pouvait rien dire ni contester parce que ça pouvait vous coûter la mort.

Une fois arrivé à Luanda la capitale, ne connaissant pas la langue, c'était très compliqué pour moi, pas du tout évident, pour pouvoir déballer ma marchandise, chercher les clients pour vendre et avec les couvre-feux tout le temps, il fallait, corrompre les agents de l'ordre pour passer et réussir à vendre nos marchandises.

Je vous assure que nous sortions avec la peur au ventre car les cadavres, des fois, on les voyait dans les rues, dans des poubelles et personne ne disait rien car le pays était en guerre.

J'étais très étonné à la fin de l'année : partout, les gens sont contents, font la fête, s'amusent. Mais en République Populaire d'Angola, à cette époque là, le pays étant en guerre, franchement, les fins d'années n'étaient pas géniales.

Les coups de fusils, on les écoutait de partout et c'était ça l'ambiance de là-bas.

C'était vraiment effrayant d'y vivre mais je faisais avec. De temps en temps, des navettes entre ces deux pays passaient par Cabinda qui est une province de la République Populaire d'Angola.

C'est là que s'est passé récemment pour la coupe d'Afrique de football, un drame pas possible envers les joueurs Togolais.

Je suis resté quelques années à faire mon petit commerce mais avec les raquettes, les banditismes, les meurtres, j'ai eu la peur de ma vie, je ne pouvais plus continuer, j'ai fini par faire ma valise et quitter l'Angola.

Après avoir obtenu mon visa pour le Portugal où je suis resté douze mois, je suis passé en Espagne, avant de fouler le sol français où je réside actuellement avec toute ma famille et mes petits enfants.



L'aventure…