25 février 2008

IMMIGRATION EN COTE D'IVOIRE par Guy Assamoi PPGI12 février 2008

LE SEUIL DU TOLERABLE EST LARGEMENT DEPASSE


Face à l'importance considérable et toujours grandissante du phénomène de l'immigration en Côte d'Ivoire et aux risques encourus par la population sur les plans de la sécurité, de l'unité nationale et de la paix sociale, le conseil économique et social a pris l'initiative d'une réflexion sur le sujet dans l'espoir d'attirer l"attention des autorités sur la réalité de l'immigration dans notre pays…


LE BILAN SUR LE PHENOMENE DE L'IMMIGRATION
EN COTE D'IVOIRE :
SES CAUSES ET SES CONSEQUENCES


L'immigration a commencé en Côte d'Ivoire pendant la période de la colonisation. Elle s'accroît d'année en année pour engendrer une population d'origine étrangère dont l'importance dépasse de très loin le seuil de tolérance acceptable pour un peuple.Une présence étrangère aussi massive ne peut manquer d'avoir des répercussions sur tous les plans de la vie culturelle, économique et politique. Cette immigration galopante a transformé la structure même du pays.
Dès les années 1930, sous la colonisation française, l'immigration en Côte d'Ivoire a commencé sous sa forme actuelle. C'est le pouvoir colonial qui avait créé et entretenu ces migrations vers la Côte d'Ivoire pendant tout cette période pour une exploitation maximale des potentialités culturelles et naturelles de l'ère coloniale.


POLITIQUE AFRICAINE IVOIRITE
IMMIGRATION ET NAIONALITE


C'est ainsi que la Haute Volta, dont les habitants paraissaient valeureux pour travailler aux yeux de l'administration coloniale, a été momentanément rattachée à la Côte d'Ivoire pour favoriser et accentuer le recrutement de la main d'œuvre…Après l'indépendance la Côte d'Ivoire a poursuivi son développement par la mise en place d'une politique attractive pour la main d'œuvre étrangère (libre entrée sur le territoire, revenu rémunérateur et transférable, emplois disponibles)Elle a ainsi permis aux immigrants de continuer à affluer dans le pays. La politique d'ouverture, libérale, hospitalière et pacifique prônée et pratiquée par son président Félix Houphouët Boigny (fondateur du RDA, Rassemblement Démocratique Africain) et par son digne successeur Henri Konan Bédier, concrétisée par divers accords de libre circulation, de libre échange économique et hospitalité bien connue de l'Ivoirien , ont énormément contribué à favoriser cette immigration.


LES CONSEQUENCES DE L'IMMIGRATION EN COTE D'IVOIRE


Les conséquences sur l'équilibre démographique naturel et la vie politique ont été de plusieurs ordres.
Nous pouvons citer l'augmentation accélérée de la population active, une des sources du chômage des Ivoiriens, l'accélération du phénomène de métissage culturel, source d'enrichissement mais aussi de déséquilibre socioculturel, le cas de ces étrangers de la 2eme génération représentant 42 pour cent de la population étrangère en 1988.Cet autre phénomène connaît une telle expansion liée à la plus grande fécondité de ces femmes et de couples étrangers vivant en Côte d'Ivoire. Certains Ivoiriens se posent des questions de savoir si ces étrangers de seconde génération, actuellement estimés à 1 500 000 personnes, ne vont pas revendiquer la nationalité ivoirienne par le fait de leur naissance en Côte d'Ivoire
Et s'ils l'obtiennent, ne vont-ils pas utiliser le libéralisme politique qui caractérise notre pays pour revendiquer des droits politiques, et notamment tenter de conquérir le pouvoir au détriment des Ivoiriens de souche ?


LES CONSEQUENCES SOCIO-ECONOMIQUES
Nul n'ignore le poids économique assumé par ces immigrés. En effet malgré leur faible niveau d'instruction en général, ils ont la mainmise sur le commerce dans le pays, occupant ainsi la majorité des emplois du secteur informel (Libano- Syriens- Mauritaniens – Maliens). Il en résulte que les Ivoiriens de souche sont plus frappés par le chômage : 6,4 pour cent de plus que ces immigrés. La mainmise de ces immigrés sur les emplois dans certains secteurs d'activité nationale (commerce- transport routier – entreprise agro industrielle – boucherie) est telle qu'ils empêchent les Ivoiriens de leur faire concurrence. Le phénomène n'a pas échappé au Président de la république qui disait récemment aux députés: " En confectionnant la loi sur la préférence nationale, nous devrons nous demander si l'exercice des petits métiers comme le marchand de charbon ne devra pas être exclusivement réservé à des jeune Ivoiriens et Ivoiriennes patentés."

Par ailleurs, ces entreprises d'étrangers emploient très peu d'Ivoiriens, dont les salaires sont plutôt sous évalués, et en général non déclarés à la CNPS. Enfin, nombreux sont ceux qui pensent que ces entreprises étrangères jouent un rôle considérable dans le phénomène de la corruption en Côte d'Ivoire, au grand détriment des caisses de l'état.
L'immigration devient de plus en plus une des causes structurelles de l'accroissement de la pauvreté des Ivoiriens.


CONSEQUENCE SUR LA SECURITE ET LA PAIX SOCIALE

L'ampleur de la population des étrangers en Côte d'Ivoire risque, si ce n'est pas déjà le cas, de constituer un facteur d'insécurité dans le pays
Les résultats du dernier recensement des populations effectué en Côte d'Ivoire en 1988 montrent clairement que ce sont des étrangers qui


habitent, dans leur très grande majorité, les quartiers précaires, reconnus comme le nid des malfrats. Quant aux statistiques sur les infractions criminelles de 1989, elles ont relevé la grande implication des étrangers dans la criminalité :
- 69 pour cent des vols avec infraction,
- 67pour cent des infractions sexuelles,
- 58 pour cent des vols à main armée
- et plus 50 pour cent des coups de blessures
sont à l'actif de malfrats étrangers.
L'afflux d'immigrés de confession islamique (73 pour cent des étrangers en provenance des pays frontaliers nordiques) a considérablement modifié l'équilibre religieux préexistant.
Une telle rupture d'équilibre, dans un domaine aussi sensible, pourrait amener certains esprits à tenter d'exploiter l'appartenance religieuse à des fins politiques, toute chose qui dessert l'unité et l'harmonie nationales, et menace la paix sociale si chère à notre pays.



LES PROPOSITIONS

Face à ces risques réels et à l'ampleur extraordinaire prise par le phénomène d'immigration dans le pays, le conseil économique et social suggère aux autorités compétences quelques propositions :
- la suppression de la libre immigration
- l'établissement du principe de la réciprocité avec les pays qui n'accordent pas à notre pays les mêmes facilités d'immigration que nous leur donnons( obligation du visa )
- l'élaboration d'un code national d'immigration fondé sur le respect des engagements internationaux pris par la Côte d'Ivoire.



CONCLUSION
Il apparaît clairement que le seuil tolérable a été largement dépassé dans notre pays, exposant celui-ci à des risques sérieux de perturbation de l'équilibre socio-démographique, de l'unité, de l'harmonie et de la paix sociales si chère à la Côte d'Ivoire.
S'il est vrai que qu'aucun pays au monde ne peut vivre en vase clos, il est aussi vrai que chaque pays doit, dans son intérêt , prendre les dispositions adéquates pour ne passe laisser